Infections respiratoires : quelle prévention pour protéger les enfants ?

5 février 2025

En hiver, mais aussi au printemps, les infections respiratoires pullulent chez les enfants. Parce qu’ils sont la plupart du temps en collectivité – crèche, école – ils attrapent facilement les virus de leurs camarades, ou de leurs parents directement. Fièvre, toux, nez qui coule et parfois complications qui mènent à l’hôpital sont autant de craintes qu’il est possible d’éviter en partie grâce à des mesures de prévention.

enfants

C’est quoi une infection respiratoire ?

Une infection respiratoire désigne une maladie affectant les voies respiratoires, allant du nez jusqu’aux poumons. Elle peut toucher les voies aériennes supérieures (rhume, angine, sinusite, laryngite) ou inférieures (bronchite, bronchiolite, pneumonie).

Ce type d’infection survient lorsque des virus, bactéries ou autres agents pathogènes envahissent les muqueuses respiratoires et provoquent une inflammation.

Elles se transmettent principalement par voie aérienne (postillons, éternuements, toux) ou par contact avec des surfaces contaminées. En outre, leur gravité dépend de l’agent infectieux en cause et de l’état de santé de l’enfant.

Les virus respiratoires responsables des infections virales

Le virus respiratoire syncytial (VRS)

Le VRS reste le principal responsable de la bronchiolite. Chaque année, il infecte des milliers de nourrissons, provoquant des difficultés respiratoires sévères. Très contagieux, il entraîne des complications nécessitant une hospitalisation, notamment chez les enfants prématurés ou atteints de maladies chroniques. Il se transmet par contact direct avec des sécrétions infectées, ce qui, pour des enfants, est difficilement évitable.

Les rhinovirus

De leur côté, les rhinovirus déclenchent le rhume, une infection très fréquente, surtout en hiver, mais bénigne. Cependant, chez certains enfants, ces virus aggravent les troubles bronchiques, en particulier chez ceux souffrant d’asthme ou d’autres pathologies respiratoires. Présents sur les surfaces et les jouets pendant des heures, ils favorisent les contaminations indirectes.

Le virus de la grippe (Influenza)

Plus agressif, le virus de la grippe provoque de fortes fièvres, des frissons et une grande fatigue. Chez les enfants fragiles, la grippe exige parfois une hospitalisation et entraîne des complications graves comme la pneumonie.

Les adénovirus et métapneumovirus

Ces virus, bien que moins connus, affectent fréquemment les voies respiratoires supérieures et inférieures, entraînant des toux persistantes et des infections pulmonaires. Leur transmission s’intensifie en milieu collectif et dans les espaces clos mal ventilés.

Le SARS-CoV-2 / Covid-19

Bien que les enfants développent généralement des formes modérées du Covid-19, certains nécessitent une surveillance plus importante, notamment ceux souffrant de maladies sous-jacentes.

Si bien que les formes sévères restent rares, mais le virus circule pourtant activement en collectivité.  Dans ce cas, les enfants deviennent avant tout vecteurs du virus.

Les complications des infections respiratoires chez les enfants

Si la majorité des infections respiratoires guérissent spontanément, certaines entraînent des complications sévères, en particulier chez les nourrissons, les enfants asthmatiques ou immunodéprimés.

Une infection virale initiale peut en effet évoluer en surinfection bactérienne, conduisant à l’otite, la sinusite ou une pneumonie. La bronchiolite peut aussi nécessiter une hospitalisation en cas de détresse respiratoire.

De plus, certaines infections comme la coqueluche ou la grippe compliquée par une pneumonie exposent les jeunes enfants à des risques importants.  

Pourquoi les enfants transportent-ils particulièrement les virus ?

enfants

Pourquoi les enfants transportent-ils particulièrement les virus ?

Les enfants jouent ensemble, échangent des jouets et touchent les mêmes surfaces. Cette proximité constante accélère la transmission des virus. Un enfant qui éternue ou tousse sans protection diffuse immédiatement les agents infectieux dans l’air et sur les objets environnants.

Une hygiène imparfaite

Les tout-petits portent régulièrement leurs mains à la bouche, éternuent sans se couvrir et oublient de se laver les mains. Ces « comportements », bien malgré eux, amplifient la propagation des virus.  

Un temps d’incubation asymptomatique

Les enfants transmettent les virus avant même que les premiers symptômes apparaissent. Cette particularité complique l’application des mesures de prévention, car un enfant apparemment en bonne santé diffuse déjà le virus. Par conséquent, maintenir des gestes de protection, même en l’absence de signes cliniques, s’impose.

Un système immunitaire en développement

Leur système immunitaire, encore immature, tarde à réagir face aux infections. Cette vulnérabilité accentue la propagation rapide des virus en milieu collectif.  

Les mesures de prévention

Sans réduire le risque à 0% de développer une infection respiratoire, ces quelques conseils peuvent éviter aux enfants de tomber malades trop régulièrement. C’est aussi un bon moyen pour toute la famille d’être plus attentive à certains gestes barrières.

Le lavage des mains

Le lavage des mains rigoureux avec du savon pendant 30 secondes – quand on rentre de l’école, après être allé aux toilettes, après avoir touché des objets – élimine une grande partie des virus.   

L’aération des pièces

Ouvrir les fenêtres au moins deux fois par jour réduit la concentration des virus dans l’air. Cette mesure s’avère indispensable en hiver, lorsque l’air intérieur stagne. Une bonne ventilation diminue ainsi la charge virale.

Le port du masque pour les adultes malades

Même si les jeunes enfants ne le portent pas facilement, les adultes malades doivent impérativement utiliser un masque lorsqu’ils interagissent avec eux. Cette précaution limite la transmission, surtout pour les parents et le personnel des crèches en période épidémique.

L’éducation aux gestes barrières

Apprendre aux enfants à tousser ou éternuer dans leur coude et à éviter de toucher leur visage bloque une grande partie des transmissions. Cela fait partie de mesures éducatives au même titre qu’apprendre à faire ses lacets par exemple. Pour que les enfants le fassent sans rechigner, il peut être utile d’afficher des rappels ludiques sur le frigo ou ailleurs dans la maison et de répéter ces consignes dans les lieux d’accueil des jeunes enfants.

Une vaccination adaptée

Le vaccin contre la grippe est possible pour les enfants de plus de 6 mois qui présentent d’autres pathologies. Le vaccin protège ainsi les enfants fragiles et réduit les risques de complications. En revanche, il n’est pas recommandé pour les enfants en bonne santé par ailleurs.

Limiter les contacts en cas de symptômes

Un enfant malade doit rester à la maison pour empêcher la propagation du virus. Cette mesure réduit efficacement la circulation virale et protège les plus vulnérables.

Comment agir aux premiers symptômes ?

Les petits rhumes sont le lot de tous les enfants. Néanmoins, il faut toujours rester attentif à des signes qui peuvent être précurseurs d’une complication.

Surveiller la fièvre

Une fièvre supérieure à 38,5°C exige une surveillance attentive. Si elle persiste ou s’accompagne de signes de détresse respiratoire, il faut consulter.

Favoriser l’hydratation

Un enfant malade doit boire régulièrement pour éviter la déshydratation. Proposer de l’eau, des soupes ou des tisanes légères aide à fluidifier les sécrétions et à améliorer son confort respiratoire.

Désencombrer les voies respiratoires

Pour cela, il suffit de laver le nez avec du sérum physiologique plusieurs fois par jour pour faciliter la respiration, notamment chez les nourrissons. Cette mesure simple améliore nettement leur état en cas de bronchiolite.

Consulter rapidement en cas de signes d’alerte

Une respiration difficile, un teint bleuâtre, une somnolence excessive ou un refus de s’alimenter nécessitent une prise en charge médicale immédiate. Ne pas attendre l’aggravation des symptômes évite des complications graves.

Conclusion

Les infections respiratoires chez les enfants sont fréquentes et, dans la plupart des cas, bénignes. Mais, dans tous les cas, appliquer des mesures préventives permet de limiter leur portée. C’est ainsi l’occasion d’enseigner aux enfants les gestes barrières qui leur serviront toute leur vie !

À lire ensuite :

Les TMS chez les cyclistes, comment les éviter ? 1

Les TMS chez les cyclistes, comment les éviter ?

Le vélo a le vent en poupe. Depuis quelques années, la pratique explose : en France, on compte aujourd’hui 35 % de cyclistes réguliers, soit une sortie une fois par mois au moins. Et ce chiffre ne cesse de progresser. La période estivale accentue encore ce phénomène, portée par l’effet Tour de France qui, chaque(...)
Conseils et prévention routière
Mémoire et mobilité : comment bouger protège le cerveau en vieillissant ? 2

Mémoire et mobilité : comment bouger protège le cerveau en vieillissant ?

L’avancée en âge s’accompagne d’enjeux importants. Parmi les préoccupations majeures chez la plupart des gens de plus de 65 ans : la préservation des capacités intellectuelles et de l’autonomie physique figure en tête de liste. Mais saviez-vous qu’il existe un lien indéfectible entre la vigueur des muscles et la vivacité des neurones ? C’est prouvé(...)
Conseils et prévention santé
Le cerveau en mouvement : comment l’activité physique aide les enfants à mieux gérer leurs émotions 3

Le cerveau en mouvement : comment l’activité physique aide les enfants à mieux gérer leurs émotions

Le constat s'impose dans toutes les cours de récréation : l'agitation nerveuse croît à mesure que l'espace de mouvement se réduit. Aujourd'hui, un enfant passe en moyenne plusieurs heures par jour dans une posture statique, les yeux rivés sur des supports numériques ou des manuels scolaires. Cette immobilisation forcée crée une déconnexion entre le besoin moteur biologique et les exigences de calme imposées par la vie sociale. Or, la science du cerveau révèle une vérité fondamentale : bouger aide l’enfant à mieux comprendre, canaliser et traverser ses émotions, parce que le corps et le cerveau travaillent ensemble.
Conseils et prévention santé
La micro-récupération : l'allié sécurité des professionnels de la mobilité 4

La micro-récupération : l'allié sécurité des professionnels de la mobilité

Sur la route, dans les entrepôts ou au volant d’un utilitaire ou d’un bus, la fatigue ne prévient pas. Elle s’immisce par une lourdeur dans la nuque, un regard qui se fixe ou des réflexes qui perdent de leur superbe. Pour les professionnels de la mobilité, ce n’est pas seulement un inconfort : c’est un(...)
Conseils et prévention routière
Interactions médicamenteuses et conduite, attention ! 5

Interactions médicamenteuses et conduite, attention !

Pour beaucoup de personnes de plus de 65 ans, le petit rituel du matin, avant, pendant ou après le petit déjeuner, commence par un cliquetis de plastique. C’est le bruit de la plaquette ou du pilulier que l’on ouvre, qui rythme désormais les journées de millions de seniors. Ainsi, la moitié d’entre eux prennent plus(...)
Conseils et prévention santé
Comprendre la dyspraxie chez l’enfant  6

Comprendre la dyspraxie chez l’enfant 

Le Trouble Développemental de la Coordination (TDC), plus connu sous le nom de dyspraxie, s’apparente à une partition de musique parfaitement écrite que l’orchestre peinerait à interpréter. Pour un enfant concerné, le cerveau sait exactement ce qu’il veut accomplir, mais la transmission de l’ordre aux muscles s’enraye. Ce décalage transforme des actions banales en véritables(...)
Conseils et prévention santé

    Abonnez-vous à la Minute Prévention

    Illustration FAQ

    Une question ?

    Consultez notre foire aux questions

    Accéder à notre foire aux questions