Trottinettes et EDPM : les règles 2026 expliquées aux plus jeunes
Se déplacer en ville avec son propre engin est devenu une habitude pour beaucoup. Que ce soit pour rejoindre le collège, aller au sport ou retrouver des amis, la trottinette électrique et les autres Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM) comme les monoroues ou les skates électriques offrent une liberté nouvelle. Cependant, la route n’est pas un terrain de jeu sans limites. En 2026, circuler avec ces appareils demande une connaissance précise du Code de la route. Ces consignes assurent la protection de vos enfants et celle des personnes que vous croisez chaque jour.

Trottinettes et EDPM : pourquoi tant de règles ?
Si la loi est devenue plus stricte ces dernières années avec ces engins motorisés, c’est parce que les statistiques d’accidents sont hélas mauvaises. En 2025, les autorités ont enregistré une hausse importante des blessures graves liées aux EDPM. Les adolescents de 14 à 17 ans font partie des populations les plus touchées par ces événements. Plus largement, la mortalité en EDPM a connu une hausse de 19 % en un an avec 56 personnes tuées. Car, oui, la vitesse, même limitée à 25 km/h, multiplie les risques de traumatismes lors d’un choc avec une voiture ou une bordure de trottoir.
Les médecins hospitaliers constatent par exemple que les chutes en trottinette provoquent des blessures bien spécifiques. Ainsi, contrairement à une chute à vélo où le conducteur tombe souvent sur le côté, l’utilisateur de trottinette est projeté vers l’avant. Sans protection, le visage et le cerveau encaissent tout l’impact.
C’est pour éviter ces drames que le législateur a renforcé le cadre juridique entourant ces nouvelles mobilités. Comprendre ces enjeux permet de réaliser que les amendes ne sont pas là pour punir, mais pour éviter qu’un trajet ne se termine à l’hôpital.
À quel âge peut-on piloter une trottinette électrique ?
Depuis le décret de septembre 2023, la loi fixe une limite : il faut avoir 14 ans révolus pour conduire un EDPM sur la voie publique. Si votre enfant n’a pas encore soufflé ses quatorze bougies, l’utilisation de ces appareils est strictement réservée aux chemins privés, comme votre jardin ou une cour fermée.
Pourquoi avoir choisi l’âge de 14 ans ? À cette période de la vie, les facultés d’analyse de la vitesse et des distances sont plus matures. À 25 km/h, une trottinette électrique demande une attention constante et des réflexes vifs. Pour les plus jeunes, les modèles mécaniques (sans moteur) restent utilisables sur les trottoirs, car ils sont assimilés à des piétons. Il est donc important de faire la différence entre l’engin qui avance grâce à la force physique et celui qui est propulsé par une batterie.
Les équipements de sécurité
En 2026, la sécurité ne se négocie pas. Même si le casque n’est pas imposé partout pour les adultes en ville, il est une protection majeure.
En plus du casque, voici la liste de ce que l’engin doit posséder pour être en règle avec les autorités :
- Des freins efficaces à l’avant et à l’arrière pour stopper net en cas d’imprévu
- Un avertisseur sonore (une sonnette) pour prévenir les piétons distraits
- Des feux blancs à l’avant et rouges à l’arrière pour voir et être vu
- Des dispositifs réfléchissants (catadioptres) orange sur les côtés et rouges à l’arrière
Dès que la luminosité baisse, que ce soit à la tombée de la nuit ou par temps de brouillard, il faut porter un gilet rétro-réfléchissant. Cet accessoire permet aux conducteurs de voitures de repérer les conducteurs de ces engins à plus de 150 mètres, contre seulement 30 mètres sans lui. Pensez également aux gants : ils évitent des brûlures sérieuses aux mains lors d’une simple glissade.
Où circuler sans danger ? Les conseils à donner aux enfants et ados
Le Code de la route est très précis sur les zones autorisées. La règle d’or est simple et ne souffre aucune exception : le trottoir est interdit aux engins motorisés. Les trottoirs sont des espaces dédiés aux piétons, trottinettes sans moteur, aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite. Rouler dessus avec un engin motorisé expose à une amende immédiate de 135 €.
En ville (agglomération)
Ils doivent utiliser en priorité les pistes cyclables ou les bandes cyclables. Ce sont leurs zones de sécurité. S’il n’en existe pas, ils ont le droit de rouler sur les routes où la vitesse maximale autorisée pour les voitures est de 50 km/h. Il faut rester toujours bien à droite et éviter de zigzaguer entre les voitures arrêtées au feu rouge.
À la campagne (hors agglomération)
La circulation sur les routes départementales est interdite par défaut car la différence de vitesse avec les voitures est trop grande. On ne peut pas circuler que sur les voies vertes et les pistes cyclables séparées de la chaussée. Dans certains cas exceptionnels, le préfet peut autoriser la circulation sur des routes limitées à 80 km/h, mais le port du casque y devient alors obligatoire.
Quels sont les comportements interdits en EDPM ?
Pour que la cohabitation entre les différents usagers soit possible, certaines habitudes ont été interdites par la loi. En 2026, les forces de l’ordre sont particulièrement attentives à ces points.
- Le transport de passager : une trottinette électrique est homologuée pour une seule personne. Inviter un ami sur son engin modifie le centre de gravité, allonge la distance de freinage et rend les virages instables. C’est l’une des causes principales de chutes graves. L’amende prévue est de 135 €.
- Les écouteurs et le téléphone : il est vital de garder ses oreilles attentives aux bruits environnants. Un klaxon, le sifflement d’un frein ou le moteur d’un bus qui approche sont des informations fondamentales. Le port d’écouteurs, de casques audio ou l’usage du téléphone à la main sont donc strictement interdits.
- Le débridage : modifier son moteur pour dépasser les 25 km/h est une erreur grave. En cas d’accident, l’assurance refusera de payer les dégâts. De plus, votre enfant, et par conséquent vous-mêmes, risquez une amende pouvant atteindre 1500 € et la saisie définitive de la trottinette.
- La conduite sous influence : les règles concernant l’alcool ou les substances illicites sont identiques à celles des automobilistes. Les sanctions sont sévères et peuvent impacter l’obtention de leur futur permis de conduire.
L’assurance : une obligation légale
Contrairement au vélo classique, la trottinette électrique est classée comme un véhicule terrestre à moteur. Cela implique l’obligation de souscrire une assurance spécifique, distincte de l’assurance habitation des parents. Cette assurance Responsabilité Civile couvre les dommages que votre enfant pourrait causer aux autres.
Les conseils à donner aux jeunes usagers
Accompagner un jeune adolescent dans l’apprentissage de la mobilité demande une vigilance de tous les instants :
- Apprenez-lui l’anticipation : expliquez à votre enfant qu’une trottinette ne possède pas la carrosserie protectrice d’une voiture. Il doit ainsi systématiquement ralentir à l’approche d’un carrefour, même si le feu est vert.
- Apprenez-lui aussi à guetter le regard des automobilistes pour s’assurer d’être bien vu, car un conducteur distrait reste le risque majeur.
- Insistez pour qu’il signale ses changements de direction d’un geste clair du bras.
- Supervisez l’entretien technique : prenez le temps, une fois par semaine, de vérifier avec lui la pression des pneus. Un sous-gonflage nuit à l’adhérence et rend le freinage moins efficace. Habituez-le à tester ses freins dès les premiers mètres, avant même de quitter la maison.
Conclusion
Les trottinettes et les EDPM sont d’excellents moyens pour les jeunes adolescents de s’initier à la mobilité et au fait de s’insérer dans la circulation. Mais cela demande de suivre des règles de sécurité routière qui leur seront utiles tout au long de leur vie.