Perturbateurs endocriniens : quels risques pour la santé ?

11 mars 2024

Vous avez sans doute entendu parler des perturbateurs endocriniens. Mais derrière cette dénomination, que cachent ces substances qui sont présentes partout dans notre environnement et finissent dans notre sang ? Quelles en sont les conséquences sur la santé et comment s’en prémunir ? Voici les réponses.

perturbateur

Que sont les perturbateurs endocriniens ?

Selon Santé Publique France, 800 substances sont aujourd’hui répertoriées comme étant des perturbateurs endocriniens suspectés ou avérés, qui interfèrent avec le fonctionnement du système hormonal.

Présents dans de nombreux produits de consommation courante, comme les cosmétiques, les plastiques ou les médicaments, ils peuvent entraîner des effets néfastes sur la santé humaine et animale.

Les perturbateurs endocriniens sont des molécules qui imitent, bloquent ou modifient l’action des hormones, qui sont des messagers chimiques produits par les glandes endocrines.

Les glandes endocrines sont des organes qui sécrètent des hormones directement dans la circulation sanguine. Ces hormones régulent de nombreuses fonctions dans le corps, comme la croissance, le métabolisme, et la reproduction. Ce sont :

  • L’hypophyse
  • La thyroïde
  • Les glandes surrénales
  • Le pancréas
  • Les ovaires   
  • Les testicules  

Elles ont des fonctions vitales, à commencer par la croissance, la différenciation sexuelle, la reproduction, le comportement, le sommeil ou l’appétit. Les perturbateurs endocriniens perturbent ces processus et entraînent des dysfonctionnements ou des maladies.

Les différents types de perturbateurs endocriniens

Il existe une grande diversité de perturbateurs endocriniens, qui peuvent avoir des origines naturelles ou synthétiques. Parmi les perturbateurs naturels, on trouve par exemple les phytoestrogènes, qui sont des composés végétaux qui imitent l’action des œstrogènes, les hormones féminines.

Si 800 composés chimiques sont reconnus ou suspectés d’avoir des effets perturbateurs sur le système endocrinien,cette liste évolue constamment avec l’avancement de la recherche scientifique. Voici quelques exemples :

  • Divers pesticides comme les organochlorés, certains fongicides et herbicides
  • Des plastifiants tels que les phtalates et le Bisphénol A, ainsi que des retardateurs de flamme comme les PBDE
  • Les PFAs utilisés dans les revêtements
  • Les métaux lourds
  • Certains médicaments
  • Les dioxines, furanes et PCB, produits par combustion incomplète dans les incinérateurs et industries métallurgiques
  • Le Triclosan dans les produits d’hygiène et les parabènes dans les cosmétiques
  • Les phytoestrogènes présents dans le soja
  • Etc.

D’une manière générale, les substances problématiques sont avant tout utilisées dans l’industrie, l’agriculture, la pharmacie ou la cosmétique. Et c’est ainsi qu’il se retrouvent dans de nombreux produits du quotidien, comme les aliments, les emballages alimentaires, les jouets, les produits d’hygiène, les textiles ou même les meubles.

Pourquoi sont-ils si présents ?

Ces substances ne sont pas seulement présentes dans ces produits, elles sont aussi persistantes : autrement dit, elles ne se dégradent pas facilement. Résultat : les perturbateurs endocriniens s’accumulent dans les sols, l’eau, l’air, les végétaux, les animaux ou et aussi, dans notre corps.

L’autre problème réside dans le fait qu’ils peuvent aussi se diffuser à longue distance par les courants marins ou aériens et dès lors contaminer des zones éloignées de leur source.

Ils passent aussi d’une espèce à une autre par la chaîne alimentaire. Ainsi, les perturbateurs endocriniens sont présents partout, même dans des lieux isolés ou protégés, comme les régions polaires ou les réserves naturelles.

C’est donc à la fois un enjeu de santé publique partout dans le monde, mais aussi une problématique environnementale.

Quels sont les risques des perturbateurs endocriniens pour la santé ?

De nombreuses études scientifiques ont mis en évidence des liens entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et l’augmentation de certaines pathologies :

  • L’infertilité
  • Des troubles du cycle menstruel
  • Des troubles de la reproduction
  • Des malformations génitales
  • Des cancers hormono-dépendants (sein, prostate, testicule, thyroïde)
  • Des risques d’obésité, de diabète
  • Les maladies cardiovasculaires
  • Des troubles du développement cérébral
  • Les maladies neurodégénératives
  • Les maladies auto-immunes
  • Les allergies

Les risques des perturbateurs endocriniens pour la santé sont cependant difficiles à évaluer, car ils dépendent de nombreux facteurs : leur niveau de dangerosité, la dose, la durée et le moment de l’exposition, ainsi que la sensibilité et le profil génétique de chaque personne.

C’est ainsi qu’ils peuvent agir sur l’organisme à différentes périodes de la vie, notamment pendant les phases de développement (in utero, puis dans l’enfance et adolescence), où le système endocrinien est particulièrement sensible.

De plus, les effets des perturbateurs endocriniens peuvent être retardés. Autrement dit, ils sont susceptibles d’apparaître longtemps après l’exposition, de se transmettre aux descendants, ou encore s’additionner avec d’autres substances.

Ce sont autant de données qui inquiètent bien évidemment. Le principe de précaution devrait donc être de s’en prémunir autant que possible avec les connaissances que l’on peut avoir. Et cela, sans en faire pour autant, une « obsession » de chaque instant.

Néanmoins, il est essentiel de protéger en premier lieu les enfants et les adolescents qui sont le plus exposés aux conséquences des perturbateurs endocriniens.

Comment s’en protéger ?

Bien qu’il soit impossible d’éviter complètement l’exposition aux perturbateurs endocriniens, il est possible de la réduire en adoptant quelques gestes simples. Par exemple :

  • Privilégiez autant que possible les produits biologiques ou non traités après récolte, locaux et de saison, qui contiennent moins de pesticides et d’additifs. Il est aussi important d’opter pour des aliments frais et variés, en évitant les produits transformés, les plats préparés …Tous ne sont pas porteurs de perturbateurs, mais faire ce type de choix limite les risques accumulés.
  • Limitez l’usage des plastiques, notamment pour le stockage ou pour réchauffer des aliments et préférez les contenants en verre, en inox ou en céramique. Attention notamment aux bols en plastique ou encore aux biberons au micro-ondes : sous l’effet de la chaleur, notamment, le Bisphénol A peut se libérer et migrer vers les aliments contenus. Le chauffage de biberons en polycarbonate au micro-ondes peut ainsi entraîner la libération de BPA actif dans le lait.
  • Choisissez des produits d’hygiène et de beauté les plus naturels possibles, sans parabènes, phtalates, bisphénols ou autres substances suspectes. Sinon, limitez-en l’usage.

 💡Pour vous aider, n’hésitez pas à scanner les codes-barres des produits avec une application qui vous informe des risques en fonction des substances qu’ils contiennent.  

  • Savez-vous que l’air ambiant est aussi pollué de ces substances ? Notre environnement intérieur étant même plus pollué que l’air extérieur… Pour essayer de limiter votre exposition aux sources de pollution intérieure ou extérieure : arrêtez le tabac qui est un premier facteur de perturbations et de maladies, faites des choix de produits ménagers plus écologiques, faites aussi attention aux bougies parfumées dont la combustion libère des perturbateurs endocriniens, ou encore soyez vigilants quant aux meubles neufs et aux peintures que vous achetez.  

Pour les enfants, il est essentiel de faire attention aux jouets en particulier. La Commission européenne devrait d’ailleurs bientôt interdire la présence de Bisphénol A et de phtalates dans les jouets en plastique. Parmi les précautions à prendre en amont, il faut notamment éviter les objets fabriqués dans de mauvaises conditions, souvent très peu onéreux. Ils comportent des risques plus élevés de contenir des substances problématiques.

Conclusion

Face à la présence quasi constante des perturbateurs endocriniens dans notre environnement, la bataille semble perdue d’avance. Mais non ! Vous pouvez agir pour en limiter la présence et les conséquences sur la santé de vos enfants et la vôtre. Par vos choix dans l’alimentation, les produits manufacturés et votre air ambiant, vous pouvez faire une vraie différence.

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