Conseils pour conduire en conditions climatiques difficiles
Il suffit de voir à la télévision les dérapages de voitures sur la neige et les conducteurs parfois obligés de laisser là leur véhicule embourbé pour avoir envie de rester chez soi. Mais, que ce soit la neige, une pluie battante, le verglas, le brouillard dense, ou des rafales de vent, la météo transforme parfois la route en terrain d’incertitude. En France, une part importante des accidents corporels survient pendant les épisodes climatiques dégradés mais parce que les marges de sécurité s’effondrent brutalement. En effet, l’adhérence sur la route chute, les distances de freinage explosent, pendant que la visibilité se réduit et que les réflexes habituels deviennent inadaptés.
Découvrez ici nos conseils pour adapter votre conduite par tous les temps et ainsi maîtriser votre véhicule. Sachez aussi que, si vous avez la possibilité de reporter votre trajet ou de trouver une solution de mobilité différente, il doit s’agir de votre premier choix.

Pourquoi la conduite lors d’une météo agitée est-elle plus dangereuse ?
Sur route sèche, un véhicule conserve une réserve d’adhérence confortable, selon les qualités de sa fabrication. Mais dès que l’eau, la neige ou le givre recouvrent l’asphalte, cette réserve disparaît. Les pneus accrochent moins, les aides électroniques interviennent plus souvent et les lois de la physique sont plus que jamais d’actualité.
- La pluie soulève les résidus gras accumulés sur la chaussée. L’adhérence chute brutalement.
- Sous la neige ou sur le verglas, elle diminue encore, parfois jusqu’à être divisée par quatre.
- Dans le brouillard, l’information visuelle s’efface et la route se devine plus qu’elle ne se voit.
Ces phénomènes expliquent pourquoi la conduite par mauvais temps ne tolère aucune approximation.
Les règles fondamentales à appliquer quand on conduit par temps difficile
1 – Ralentir
La vitesse légale cesse d’être une référence fiable. L’allure adaptée devient celle qui permet de garder le contrôle, d’anticiper et de freiner sans brutalité. Même 30 km/h sous la limite peut rester excessif sur route verglacée ou sous pluie intense.
2 – Élargir fortement les distances de sécurité
Sur chaussée mouillée, la distance de freinage augmente déjà de manière très importante. Sur neige ou verglas, elle se compte en dizaines de mètres supplémentaires. Doubler la distance de sécurité constitue un strict minimum.
3 – Supprimer les gestes brusques
Chaque mouvement brutal surcharge les pneus et déclenche la perte d’adhérence : coup de volant, freinage sec, accélération franche. Au contraire, par temps difficile, la conduite doit être une succession de gestes lents, maîtrisés et progressifs.
4 – Voir et rester visible
Les feux servent autant à éclairer qu’à signaler sa présence. Comme la nuit, dès que la météo dégrade la perception visuelle, il faut les enclencher, ce qui se fait aujourd’hui de manière automatique sur les derniers modèles de voitures.
Comment conduire sous la pluie : vigilance maximale
Sous la pluie, le risque d’accident double. Le principal ennemi des conducteurs est l’aquaplaning : ce moment où vos pneus perdent le contact avec la chaussée et glissent sur une fine pellicule d’eau.
- Lorsque vous approchez d’une large flaque, ralentissez en amont.
- Tenez votre volant fermement
- Gardez une trajectoire régulière
- Évitez toute manœuvre brutale.
- Si la voiture commence à « flotter », ne freinez pas brusquement et ne tournez pas sèchement. Relâchez plutôt l’accélérateur en douceur pour permettre aux pneus de retrouver progressivement leur adhérence.
Allumez vos feux de croisement dès les premières gouttes. Si l’averse devient très dense, ajoutez les feux de brouillard avant. Coupez-les dès que la visibilité s’améliore afin de ne pas éblouir les autres usagers.
Sur chaussée mouillée, votre distance d’arrêt s’allonge. Augmentez donc l’écart avec le véhicule qui vous précède. Vous gagnerez ainsi un temps précieux pour réagir et conserver une conduite maîtrisée, même en cas d’imprévu.
Attention : l’usage du téléphone est interdit pendant la conduite, qui plus est par temps difficile.
Comment conduire sur la neige et le verglas
Sur neige ou verglas, la conduite automobile change de nature. Elle se rapproche plutôt du pilotage sur surface instable. Autant dire que ce n’est pas pour tout le monde.
Si vous vous retrouvez sur la route sous ces conditions, par exemple suite à de grosses chutes de neige, le démarrage s’effectue en douceur, sans patinage, parfois en seconde vitesse afin de limiter le couple transmis aux roues.
Dans ce cas de figure, le frein moteur devient l’outil principal de décélération. Il évite le blocage des roues et conserve de la motricité. Le frein de service s’utilise quant à lui avec parcimonie et progressivité.
Dans certaines zones montagneuses, les pneus hiver ou chaînes sont obligatoires et de nombreux spécialistes de la route aimeraient qu’ils le soient pour toute la population. Et pour cause, leur absence transforme le véhicule en projectile incontrôlable.
Par ailleurs, les feux de croisement restent allumés en permanence. Quant aux feux de brouillard avant, ils les complètent si la chute de neige devient dense. Mais les feux arrière de brouillard s’activent uniquement si la visibilité devient extrêmement faible.
Comment conduire dans le brouillard
Le brouillard perturbe la perception des distances et du relief. Il incite parfois à suivre les feux du véhicule précédent de trop près, créant des risques majeurs de collision.
Si la visibilité tombe sous 50 mètres, la vitesse ne doit pas dépasser 50 km/h. Sur route à double sens, tout dépassement est proscrit.
Les feux de croisement s’imposent ici. Par ailleurs, les feux de brouillard avant et arrière s’activent si la visibilité chute fortement, puis se coupent dès que la situation s’améliore afin d’éviter l’éblouissement.
Posez votre regard sur les marquages au sol plutôt que sur les feux du véhicule précédent, ce qui aide à rester centré dans sa voie sans se laisser entraîner par le comportement parfois imprévisible des autres usagers.
Comment préparer son trajet ?
Avant un déplacement hivernal ou sous météo instable, plusieurs contrôles sont essentiels :
- État des pneus
- Pression
- Éclairage
- Fonctionnement des essuie-glaces
- Niveau de liquide lave-glace antigel
À cela s’ajoutent des équipements indispensables :
- Vêtements chauds
- Grattoir
- Lumière
- Téléphone
- Chargeur
Suivez aussi régulièrement la météo et les alertes trafic. En cas de prévisions dangereuses, reportez votre déplacement et privilégiez la conduite de jour.
L’état d’esprit du conducteur pèse autant que l’état de la route. Accepter de perdre du temps, ralentir et s’arrêter si nécessaire protège bien plus efficacement que n’importe quelle technologie embarquée.
Que faire en cas d’accident ?
Même en conduisant avec prudence, un accident reste possible. Dans ce cas, votre priorité consiste à protéger les personnes et sécuriser la zone :
- Coupez le moteur et allumez vos feux de détresse
- Enfilez votre gilet réfléchissant avant de sortir du véhicule
- Placez le triangle de signalisation à distance suffisante pour prévenir les autres conducteurs
- Appelez les secours sans tarder et fournissez des informations précises sur l’emplacement, le nombre de véhicules et l’état des personnes impliquées
- Restez à l’écart de la chaussée et attendez l’arrivée des secours, derrière une glissière de sécurité si vous êtes sur autoroute
N’essayez jamais de redémarrer un véhicule immobilisé au milieu de la voie si les roues patinent ou si la visibilité reste insuffisante. Vous évitez ainsi une perte de contrôle supplémentaire et réduisez le risque de suraccident.
Conclusion
Conduire par conditions climatiques difficiles transforme la route en environnement instable et imprévisible. Or, une conduite adaptée et préparée réduit très fortement le niveau de risque. Ralentir, élargir ses marges, renoncer aux automatismes permet d’arriver à destination, même face aux caprices de la météo.
Vous voulez en savoir plus ? Mobilité Mutuelle vous propose un webinaire spécial conduite sur neige et verglas
En partenariat avec Salvum, vous y trouverez des repères concrets pour conserver une conduite sûre pendant les épisodes neigeux.
🎯 Au programme :
Adapter son état d’esprit face aux conditions météo
Comprendre les limites de son véhicule
Identifier les zones à risques
Agir en cas d’accident
🗣️ Animé par :
Jérôme Couaillier, consultant et expert prévention routière pour Mobilité Club
Julia Tourneur, formatrice premiers secours et animatrice