La fatigue au volant : nos conseils

2 novembre 2021

La somnolence alors que l’on conduit mène à un risque très élevé d’accident. Mais une fois que l’on est conscient des conséquences de la fatigue au volant, comment éviter de conduire alors que les conditions sont réunies pour baisser sa vigilance ? Voici à la fois les causes de la somnolence au volant, les premiers signes à surveiller et les chiffres de l’accidentologie en France due à la fatigue.

fatigue
Crédit photos : Stocklib

Les causes de la fatigue au volant

Une insomnie précédant le trajet

Le manque de sommeil pendant la nuit peut générer une baisse de vigilance au volant le lendemain. Parfois, l’excitation du voyage peut insuffler de l’énergie pour conduire. Mais évitez de compter dessus pour un long trajet. Si vous avez très mal dormi et que vous devez conduire, essayez de trouver une autre solution pour garantir votre sécurité et celle de vos passagers. Sachez que, selon la Sécurité Routière, 17 h de veille active entraînent une baisse de vigilance équivalant à un taux de 0,5g d’alcool dans le sang.

La consommation de médicaments

La consommation de somnifères ou de décontractants de toute sorte peut entraîner une diminution des réflexes ou donner une envie irrépressible de dormir au volant. Beaucoup de médicaments sont aussi susceptibles de limiter les réflexes lors de la conduite. Veillez à consulter le pictogramme de conduite présent sur l’emballage, de niveau 1, 2 ou 3 avant de conduire.

Un repas trop lourd

Nous le savons tous, le déjeuner est souvent suivi de l’envie de faire un petit somme, à moins de manger légèrement. Lorsque l’on reste à son bureau, cela n’a pas d’autres conséquences qu’un manque de productivité. En revanche, prendre la route avec un estomac trop bien rempli entraîne une baisse d’énergie, laquelle est occupée à gérer la digestion. La fatigue au volant est alors inévitable, même si elle est variable en fonction des personnes.  

Le Professeur Frédéric Saldmann préconise la consommation d’aliments à faible indice glycérique, autrement dit les sucres lents tels que les pâtes et les fruits comme les pommes. L’important est aussi d’éviter la nourriture qui demande un effort de digestion, à commencer par les plats trop riches. Avant de prendre le volant, mieux vaut choisir un plat diététique (haricots verts, poisson, etc.).  Par ailleurs, attention au café qui ne fait pas de miracle sur la vigilance, surtout après un repas riche. À la rigueur, il vous forcera à vous arrêter plus souvent pour une pause bienvenue.

Est-ce que conduire fatigue ?

Oui, si vous conduisez longtemps, vous pouvez fatiguer. Sur l’autoroute notamment, la monotonie et les lignes droites sont des ennemies de la vigilance. Pour cette raison, il est indispensable de faire des pauses régulières, au moins toutes les 2 heures de conduite.

⚠️ Bien évidemment la consommation d’alcool ou de produits stupéfiants comme le cannabis (interdite à une certaine dose pour le premier et totalement prohibée pour le second) sont des causes très importantes de fatigue et de somnolence au volant. Les risques d’accident sont alors extrêmement élevés, sans parler des risques judiciaires en cas de contrôle.

Quand apparaissent les risques liés à la fatigue au volant ?

Les risques sont immédiats lorsque la fatigue s’invite dans la conduite sachant que les réflexes diminuent de moitié en cas de somnolence, passant d’1 seconde en temps normal (pour freiner, changer de trajectoire) à 2, voire 3 secondes. Ce petit laps de temps est celui qui suffit à la mise en danger d’autrui et de soi-même.

La vue commence à se brouiller, les paupières se ferment sans aucune résistance. À partir de ce moment-là, tous les risques sont au maximum alors que, par définition, vous perdez le contrôle de votre véhicule :

  • Sortie de route
  • Passage sur la voie en latéral entraînant un autre risque, la collision avec le véhicule venant d’en face
  • Collision avec des piétons, des cyclistes

Quels sont les signes de somnolence au volant ?

Avant tout, la fatigue et la somnolence sont deux stades différents, mais très proches. Ainsi une légère fatigue peut ne pas entraîner de perte de vigilance, mais cela est susceptible de changer. Une grosse fatigue est en revanche l’assurance d’une somnolence à un certain moment de la conduite. Dans les deux cas, ne pas prendre le volant dans un état de fatigue faible ou avancé est un acte préventif contre les accidents de la route.

Les signes de somnolence au volant sont relativement communs d’une personne à l’autre, mais ils n’arrivent pas forcément en même temps :

  • Vous baillez, au départ légèrement, puis le réflexe s’intensifie et se répète
  • Vous avez beaucoup de mal à concentrer votre attention sur votre conduite ou, inversement, votre esprit et vos yeux fixent un point à l’horizon, sans faire attention au reste
  • Vos yeux piquent, vos paupières tombent  
  • Votre esprit divague sur des sujets divers
  • Votre nuque se raidit
  • Vos jambes sont engourdies
  • Vous n’arrêtez pas de changer de position
  • Vous avez des absences fugaces : arrivé sur une portion de la route, vous ne vous souvenez plus du chemin précédent
  • Sur autoroute, vous commencez à rouler sur les bandes d’alertes sur les bas-côtés

Si vous ressentez un ou plusieurs de ces signes avant de prendre le volant, reposez-vous. Sinon, confiez le volant à une personne en pleine possession de ses moyens pour conduire.

Si vous ressentez un de ces signes pendant la conduite, prenez immédiatement la décision de vous arrêter, que ce soit sur un chemin de campagne ou une aire d’autoroute. Arrêtez-vous dans tous les cas sur un endroit en sécurité, loin de la circulation. Reprenez le volant au moins 20 minutes après, seulement si vous vous sentez reposé.

Quel est le niveau d’accidentologie due à la fatigue et à la somnolence ?

Selon la Sécurité Routière, la somnolence entraîne un risque d’accident 8 fois supérieur à une conduite en état normal de vigilance. Et pour cause : il est impossible de lutter contre l’envie de dormir quand la somnolence vous envahit. A fortiori quand celle-ci est causée par un médicament ou l’alcool.

Les premiers signes de somnolence sont déjà une cause d’accidentologie élevée, comme l’explique le Professeur Damien Léger, président du Conseil scientifique de l’INSV (Institut National du Sommeil et de la Vigilance) à la Sécurité Routière : « les risques d’avoir un accident sont multipliés par 3 ou 4 ».

Sur autoroute, un accident mortel sur trois est dû à la somnolence au volant. Encore une fois, cela est notamment dû à l’absence de changements sur la route. Si bien que lorsque le conducteur commence à somnoler et que surgit un évènement (véhicule lent, baisse de la vitesse en raison de travaux, bouchons), il n’a pas le temps de réagir. À ce sujet, la Fondation Vinci Autoroutes a publié une étude au niveau européen en 2019 qui a de quoi inquiéter :

  • 43 % des conducteurs pensent qu’ils conduisent bien, voire mieux, lorsqu’ils sont fatigués, imaginant qu’ils sont alors plus attentifs à la route 
  • 85 % se couchent tard ou se lèvent plus tôt avant un long trajet
  • 1 conducteur sur 10 en Europe (12 %) reconnaît avoir eu ou échappé à un accident dû à la somnolence
  • 62 % des Français (contre 53 % des Européens) admettent avoir déjà ressenti les effets de la somnolence sur leur conduite

La fatigue et la somnolence au volant sont par conséquent des enjeux quotidiens de sécurité routière pour soi-même et pour les autres. Celui qui conduit est non seulement celui qui ne boit pas, mais aussi celui qui ne se sent pas fatigué.

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