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Apte à la conduite, jusqu’à quel âge ?

18 janvier 2022

Vous aimeriez sans doute conduire toute votre vie ? Que l’on apprécie de prendre le volant ou non, il ne s’agit pas seulement d’un plaisir, mais aussi d’un critère essentiel de l’autonomie de chacun. Pour autant, il arrive un certain moment dans la vie où la question se pose d’être encore apte à la conduite. Quels sont les signaux d’alerte ? Qui faut-il consulter ? Peut-on conserver de l’autonomie à la conduite malgré son âge ? A quel moment faut-il reposer ses clés de voiture ? Voici toutes les réponses à vos questions.


conduite
Crédit photo : Stocklib

Quelle est la définition de l’aptitude à la conduite automobile ?


Pour conduire un engin motorisé, comme une voiture, un camion, un deux-roues, il faut avoir les bonnes réactions face à des situations constantes ou imprévues. Lorsque nous roulons, nous devons prêter attention en même temps au Code de la route, aux autres véhicules et aux piétons. Sans parler des nouvelles mobilités comme les trottinettes qui rendent la circulation d’autant plus dense par endroit.

Or, pour cela, chaque personne, a fortiori une personne âgée, a besoin d’être maîtresse de ses actions au volant et d’avoir les bons réflexes. L’aptitude à la conduite veut ainsi dire :

  • Avoir une bonne vision (ou des lunettes qui corrigent un défaut visuel)
  • Avoir une bonne ouïe pour anticiper certains véhicules
  • Conserver tous ses réflexes cognitifs afin de freiner au bon moment, de braquer ou tourner son volant si nécessaire
  • Pouvoir effectuer les mouvements indispensables pour regarder son environnement et faire ses vérifications (tourner son visage, ses cervicales, voire tout son buste)

Jusqu’à quel âge peut-on conduire ?


Même si des propositions sont souvent faites en ce sens (par des associations, des familles de victimes d’infractions routières, des politiques) pour limiter l’âge de conduite, aucun gouvernement ne s’y est risqué pour le moment. De même, que ce soit dans le Code de la route ou le Code des assurances, il n’existe aucun seuil d’âge pour conduire.


Et pour cause : quand une personne de plus de 80 ans peut encore avoir tous ses réflexes pour conduire, une autre de 70 ans rencontrera peut-être des difficultés. Il n’est donc pas utile ni souhaitable de stigmatiser une partie de la population à partir d’un certain âge. C’est avant tout le bon sens et l’attention des proches qui doivent alerter en cas de danger (perte de la vue, troubles cognitifs, et bien sûr, accidents).


Il n’y a donc pas d’âge butoir pour arrêter de conduire, tout dépend de ses capacités personnelles. De plus, la plupart des personnes âgées sont surtout celles qui ont une grande expérience de la route et qui savent à la fois anticiper les situations de danger et avoir les bons réflexes.


Si, en 2020, les seniors de plus de 65 ans représentaient 50 % des piétons et cyclistes tués et 25 % de la mortalité routière, ils étaient responsables des accidents mortels à moins de 10 %, quand les 18/24 ans l’étaient à 19,2 %. Néanmoins, cela porte le nombre de seniors tués sur les routes à 643 personnes, malgré les confinements. Ces faits s’expliquent avant tout par un mode de vie et une mobilité plus actifs que les générations précédentes, rendant de fait les accidents plus nombreux.


Apte à la conduite : faire son auto-évaluation


Si vous vous demandez si vous êtes encore apte à la conduite, la réponse est peut-être dans la question. Cependant, cela suppose tout de même de s’auto-évaluer afin de savoir si vos difficultés au volant sont liées à l’âge ou pour d’autres raisons telles que la perte de confiance. Cela peut par exemple se produire si vous achetez un nouveau véhicule, passant d’une boîte manuelle à une boîte automatique.


L’auto-évaluation consiste à se poser les bonnes questions :

  • Êtes-vous à l’aise en prenant le volant ?
  • Les carrefours, la conduite en ville vous inquiètent-ils ?
  • Voyez-vous suffisamment clair pour lire les panneaux ?
  • Pouvez-vous vous tourner pour regarder derrière vous et vérifier qu’il n’y a pas de danger ?
  • Votre vigilance est-elle au maximum ?
  • Avez-vous souvent des « trous noirs » au volant, ne vous rappelant plus où vous êtes passé l’instant d’avant ?

Les réponses vous permettront de voir si :

  • Vous êtes toujours en capacité de conduire
  • Un examen médical d’aptitude est nécessaire
  • Vous devez simplement vous remettre à niveau
  • Vous devriez commencer à limiter vos déplacements en voiture

Si vous vous sentez toujours en capacité physique et cognitive de prendre la route sans risque, ayez cependant de nouveaux réflexes pour anticiper la baisse de vigilance liée à l’âge. Cela suppose notamment de planifier vos voyages bien l’avance si vous faites de longs trajets, ou encore d’éviter les heures de pointe. Mais les trajets quotidiens sur des routes désertes sont aussi à prendre en compte !


Quels examens médicaux passer pour savoir si on est apte à la conduite ?


Si vous avez le moindre doute sur vos capacités à conduire, notamment par la perte de vos réflexes, il est important de consulter votre médecin traitant. Celui-ci est à même de savoir si cela provient de l’âge ou bien si un nouveau traitement ne serait pas à l’origine d’absences ou de manque de cohérence dans vos mouvements.


D’une manière générale, la perte de vigilance directement liée à l’âge est un indicateur pour arrêter de conduire.


Participer à un atelier senior


La prévention routière propose partout en France des sessions de sensibilisation pour les seniors. Ils sont une bonne manière de s’auto-évaluer et d’avoir les bons réflexes. Là encore, il ne s’agit pas de mettre les personnes âgées face à leur âge justement. Ces ateliers leur donnent les clés pour se remettre à niveau afin de rouler encore quelques années dans les meilleures conditions de sécurité, pour les autres et eux-mêmes.


Que doivent faire les proches quand un senior ne conduit plus en sécurité ?


Il arrive qu’une personne âgée qui perd ses réflexes ne veuille pas arrêter de conduire. Il faut d’abord comprendre que, psychologiquement, devoir renoncer au volant s’apparente à une véritable perte d’autonomie, en particulier en milieu rural. Derrière, ce sont d’autres habitudes qui se dessinent (se faire accompagner pour les courses, demander de l’aide à ses voisins, etc.). Il est donc important d’être bienveillant et d’apporter des solutions.

Dans un premier temps, vous pouvez proposer à cette personne, qu’il s’agisse d’un parent ou d’un proche, de l’accompagner pendant ses courses et de prendre le volant de son propre véhicule. Puis, peu à peu, vous pourrez éventuellement la convaincre que le volant n’est plus possible dans sa situation.


Que faire si votre parent âgé ne veut pas entendre raison ?


Si cela met sa sécurité et celle des autres en danger, vous pouvez alerter le préfet de votre département. Il est le seul habilité à faire appel à un médecin pour un examen agréé dans l’aptitude à la conduite. Selon les conclusions du spécialiste de santé, le senior peut soit conserver son permis comme avant, le conserver mais avec des conditions spécifiques, ou bien qu’il lui soit retiré.

L’aptitude à conduire après un certain âge est donc un élément à prendre en considération, mais il n’est pas le seul critère pour arrêter de conduire. L’important est d’évaluer ses propres capacités et d’en référer à des professionnels en cas de crainte. Enfin, après toute situation de danger (du petit accrochage au refus de priorité par manque de vigilance), il est essentiel de faire le point sur sa conduite, quel que soit son âge.

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