Covid-19 et étudiants : repérer et combattre la dépression

29 janvier 2021
Covid-19 et étudiants : repérer et combattre la dépression 1

Cours à distance, absence de sorties, isolement, crainte pour l’avenir… La crise sanitaire impacte le moral des jeunes. Comment repérer les symptômes et éviter la dépression dans ces temps difficiles ?

Depuis le 14 mars 2020, les établissements universitaires sont fermés ou n’assurent que très peu de présentiel afin de lutter contre la circulation de la Covid-19. La souffrance psychologique et l’isolement des jeunes n’a vraiment fait surface au coeur des débats que depuis la seconde vague pourtant elle présente depuis le premier confinement. Le gouvernement vient d’annoncer un retour possible à l’université un jour par semaine et la mise en place d’un “chèque psy” pour les étudiants en souffrance pendant cette période de crise sanitaire.

Les profils plus à risque

Sur le terrain, les professionnels ont déjà constaté les effets des confinements et des cours à distance sur les jeunes. Depuis fin octobre et l’annonce du second confinement, Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne à Paris, reçoit chaque semaine un peu plus de jeunes âgés de 18-30 ans pour un état dépressif en lien avec la crise. “Ils ont souvent pour point commun de vivre seuls car leurs parents sont en province ou d’être particulièrement isolés socialement. Ces jeunes commençaient à se lancer dans leurs études ou leur vie active, à vivre une sorte d’idéal fantasmé, à s’autonomiser. Mais après 2 à 3 semaines de reprise universitaire, les cours en présentiel ont de nouveau été interrompus et le confinement rétabli. Ça a été dur pour eux. Tous n’ont pas pu ou voulu retourner vivre chez leurs parents ; c’est parfois compliqué de revenir en arrière, de repartir dans le foyer familial, certains le vivent comme un échec ”, explique-t-elle.

Un sondage mené en juin par l’Observatoire de la vie étudiante a d’ailleurs montré que 66% des étudiants interrogés avaient choisi comme principale préoccupation liée à la crise sanitaire d’avoir à rester seul, ensuite 63% ont répondu vouloir se rapprocher de leur famille et 62% souhaitent un logement plus grand. 

Des symptômes difficiles à démasquer

Les jeunes ne réalisent souvent pas tout de suite leur mal être. Et quand ils consultent, c’est que les symptômes se sont déjà bien installés selon l’experte. L’attention doit donc être portée sur plusieurs indicateurs : 

  • la consommation d’alcool et de tabac,
  • les troubles du sommeil et/ou de l’alimentation,
  •  une humeur maussade, 
  • la perte d’envie, 
  • la baisse de motivation…

Certains étudiants en viennent à pleurer sans savoir pourquoi, d’autres se demandent à quoi bon poursuivre leurs études, si cette crise aura une fin, s’ils ont encore un avenir possible. Se projeter dans l’avenir leur devient impossible… Ils peinent à se lever du litne se reconnaissent plus, craignent de ne plus redevenir comme avant. “Les jeunes ont des facteurs de protection car ils savent créer du lien à distance avec leurs pairs via les réseaux sociaux, par exemple. Mais ils présentent aussi des facteurs de vulnérabilité. Ils ont plus de difficultés à intégrer que ces épreuves sont transitoires, qu’il y aura un après même si cela demande du temps. Quand on est jeune et que ce que l’on construit s’écroule ou se met à l’arrêt, on a du mal à croire en un avenir, on se résigne. C’est précisément cette résignation qui fige dans le présent et ne permet plus d’envisager les perspectives avec optimisme, analyse Johanna Rozenblum. Cela entraîne alors une perte d’insouciance, un repli sur soi, la sensation de perdre des années précieuses, un décrochement scolaire, une mésestime de soi et une perte d’élan vital. 

Des contacts pour les étudiants en détresse mentale : 

  • Ecoute Etudiants Ile-de-France : un site mis en place par la Fondation Mental qui propose des outils d’autoévaluation, des conseils et astuces ainsi que 2 téléconsultations gratuites avec un psychologue.    
  •  SOS Confinement – 0800 19 00 00, accessible tous les jours de 9h à 21h.
  • Croix-Rouge Ecoute – 0 800 858 858, gratuit et disponible 7 jours sur 7, du lundi au samedi de 9h à 19h et de 12h à 18h le dimanche. 
  • Le service social du Crous met à disposition des dispositifs d’aide psychologique à joindre sur les sites officiels des Crous par ville ou académie. 
  • Les services de santé universitaire. Le gouvernement a annoncé la présence doublé de psychologue dans les établissements à partir de février 2021. 
  • L’habitat intergénérationnel : est une solution d’entraide solidaire qui met en contact des seniors et des étudiants pour qu’ils cohabitent ensemble sous le même toit. La plateforme en ligne Xenia met en relation des étudiants de moins de 30 ans souhaitant partager un logement avec des seniors de plus 60 ans ayant les capacités de loger chez eux un jeune. L’arrivée de l’étudiant chez le senior se fait suivant un protocole strict, afin de protéger la santé de l’aîné.

Quand faut-il se faire aider ? 

Si ces moments de désarroi deviennent majoritaires et envahissent le quotidien, il est important de se faire aider. On peut demander à ses proches s’ils ont remarqué des changements d’habitude, d’humeur. Ces signes annonciateurs d’une dépression doivent être pris au sérieux et conduire à consulter un médecin, un psychologue ou un psychiatre. Il importe, en effet, de prendre soin de sa santé mentale comme on prendrait soin de sa santé physique pour tenir sur la longueur. 

Le psychologue va alors recevoir le récit du jeune et écouter sa tristesse. “Il est tout à fait normal de se sentir en détresse dans cette situation, le malaise n’est pas pathologique en ces temps compliqués. Et il faut bien le faire comprendre aux jeunes afin qu’ils ne développent pas en plus un sentiment d’illégitimité”, ajoute Johanna Rozenblum. Puis, le professionnel fait de la pédagogie autour de cette souffrance. Il explique comment il est possible de plonger dans ces symptômes douloureux. Ensuite, il passe à un travail d’élaboration de cette souffrance. Objectif : faire comprendre aux jeunes qu’ils ont un vrai pouvoir sur leur bien-être. En redevenant acteurs de leur vie, ils peuvent reprendre le pouvoir et travailler à leur bien-être. 

“On leur apprend à repérer leurs émotions négatives et les situations qui les font souffrir afin de mettre en place des stratégies face à ces crises d’angoisse. On les amène ainsi à se décentrer de leur souffrance pour ne pas ruminer des pensées stériles. Pour détourner son attention, ils peuvent se montrer altruistes et s’occuper des autres. Ils peuvent aussi pratiquer du sport. Certains font de la méditation, écrivent, jouent de la musique ou adoptent un chat… C’est à chacun de trouver ce qui lui fait du bien au regard de son histoire mais des outils existent !”, conseille la psychologue. 

Une prise en charge médicamenteuse

La dépression est une maladie. Le psychologue n’est pas habilité à poser un diagnostic de dépression, mais il peut orienter son patient vers un psychiatre en fonction de son état. Si le diagnostic confirme la dépression, le médecin pourra prescrire des antidépresseurs en parallèle de la psychothérapie pour aider le jeune à retrouver sa joie de vivre. “Cette prise en charge conjointe fonctionne très bien. Toutefois, il faut garder en tête que le développement cognitif se fait jusqu’à 25 ans et que les traumas vécus jusque-là peuvent laisser des traces dans le développement de ces jeunes. Il est possible qu’ils soient plus sensibles par la suite à l’anxiété”, confie la psychologue. D’où l’intérêt d’une bonne prise en charge dès que ces symptômes apparaissent pour les empêcher de s’installer durablement.


Source : Covid-19 et étudiants : repérer et combattre la dépression (doctissimo.fr)

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